Nous vous proposons le récit du préfet Cambry datant de 1803 sur le canton d’Auneuil mais aussi de Chaumont. Pourquoi aussi Chaumont? tout simplement parce que dans le récit Jouy est cité. Notre avions été longtemps rattaché au comté de Chaumont puis vers le canton d’Auneuil lors du redécoupage de ce début de siècle. Voici une description des environs datant de deux cent ans.
Description du préfet Cambry qui possède sa rue à Beauvais.

Jacques Cambry (2 octobre 1749 à Lorient – 31 décembre 1807 à Cachan) est un écrivain breton et français, fondateur de l’Académie celtique.


Fils d’un ingénieur naval, il porte la soutane quelques années avant de préférer une vie plus laïque. Il est précepteur chez Claude Denis Dodun, un directeur de la Compagnie des Indes dont il épousera plus tard la veuve. Durant sa jeunesse, en bon breton, il vit d’abord en mer, puis continue de voyager dans toute l’Europe où il se fait initier dans des sociétés secrètes.

Il est receveur général des États de Bretagne, puis, en 1794, Commissaire des Sciences et des Arts. À ce titre, il effectue en 1794-1795 un voyage dans le Finistère afin de visiter les dépôts de biens confisqués à la noblesse et aux couvents, sur lesquels il publie un rapport en 1799. Pétri d’une culture classique dont il émaille ses observations, Cambry se révèle un observateur curieux et scrupuleux, portant un intérêt à l’histoire et à la langue, à la musique et à la danse, annonçant par là les collectes à venir de Hersart de la Villemarqué et de Luzel. Il est notamment chargé d’établir le catalogue des « objets échappés au vandalisme révolutionnaire » dans sa région.

Il est nommé en 1799 administrateur du département de la Seine. Partant d’une idée sur le respect des morts, à la fois philosophique et sociologique, il propose dans son rapport de 1799 un véritable plan urbanistique et architectural, fortement marqué par l’Antiquité, et un nouveau lieu nommé le « champ de repos ». Il est ensuite nommé préfet du département de l’Oise par Napoléon. Il y effectue une profonde réforme des circonscriptions cantonales.

AUNEUIL

Le canton que je vais décrire, que j’ai parcouru sur tous ses points, dont j’ai joui dans de délicieuses promenades, dont j’ai saisi toutes les masses et tous les détails, du Point du jour, de la hauteur de Villotran, de celle de la Neuville d’Aumont, s’étend dans une longue vallée qui se prolonge dans le Bray. Auneuil est enchanteur par les prairies, les bois, et les allées qui l’environnent.

Saint Martin-le-Nœud marque à mi-côte sur la montagne de ce nom par son clocher pointu et par le bois sacré, bien détaché, sur un fond dépouillé qui décore le cimetière de cette petite chapelle. On a du Point-du-Jour une vue très étendue, non-seulement sur le canton, mais sur les coteaux de S.-Paul, de Montmille et de Savignies : on voit d’ici le bois de Belloy, qui couronne de jolies collines. L’Avelon, auquel se joignent mille ruisseaux, traverse le fond de la vallée.

J’avois réuni dans Auneuil la totalité des maires des cantons d’Auneuil, d’Onsembray au nombre de vingt : j’eus avec eux une conférence de quelques heures.

Toutes les communes du canton d’Auneuil qui sont dans la vallée sont à-peu-près de la même nature, ont la même culture, et donnent les mêmes produits. Les parties de ce canton qui sont sur la montagne, tels que Villotran, la Neuville-Garnier, en différent par leur position élevée : celles-ci sont peu productives ; leur terrain est très froid : on ne peut en tirer parti qu’en fumant tous les trois ans et qu’en semant de très bonne heure.

Les prairies artificielles y réussissent assez bien, excepté la luzerne ; elle ne rapporte qu’à force de terreau et de fumier.

On trouve dans les communes de Villotran et de la Neuville-Garnier, ainsi que dans celles d’Autheuil et d’Auneuil de la terre propre à faire de la brique et des tuiles. Il y avoit autrefois à Vessencourt une tuilerie renommée. Celle qu’on voit présentement à Villotran, à la Neuville-Garnier et à Auneuil ne sont pas de la première qualité.

On fait de la chaux dans ce canton, mais elle n’est pas excellente.

Les terres sont plantées de pommiers, de poiriers, mais la liqueur qu’on en tire est médiocre.

Les bois croissent avec difficulté sur la côte et sur la montagne ; ils se débitent en charbon : leur exploitation et leur transport sont difficiles, par le mauvais état des chemins qui conduisent à la grande route et par la pente trop grande des côtes.

J’ai fait dessiner la belle fontaine d’Auneuil : on croiroit ce dessin pris sur un des sites pittoresques de l’Italie.

Il y a quelques carrières dans la commune de S.-Martin-le-Nœud, dont la pierre est trop tendre pour qu’on l’emploie dans les bâtiments.

Les habitants sages du canton se plaignent de la mauvaise foi, de l’absence des mœurs, et de la religion. Us attendent du temps et du gouvernement une régénération nécessaire.

Peu de personnes atteignent l’âge de quatre-vingts ans.

L’éducation est presque nulle dans ces communes y si vous en exceptez Villotran, où l’ancien vicaire, homme de mérite et de mœurs pures, consacre ses moments à la pratique de la religion et à l’instruction de la jeunesse.

La montagne sur laquelle sont situés Villotran, le Point du jour, la Neuville-Garnier, etc., fait partie de celle qui commence aux environs de Dieppe, et se termine à Sainte Geneviève ; elle suit la direction du sud-est au sud-ouest.

Il existe dans le canton d’Àuneuil une immense carrière, dite de Bongenouil ou de S.-Pierre : on en a tiré les pierres de la cathédrale de Beauvais.

Le petit ruisseau qui passe à Frocourt fait aller trois moulins ; il prend sa source près de Berneuil, et se jette dans le Thérain, près de Villers-sur-Seine : c’est celui qui traverse Allonne. Il y a dans ce canton deux autres ruisseaux : l’un prend sa source près de S.-Sulpice, et se jette dans le Thérain, près le petit Bruneval, presque en face du mont Bourguillemont ; l’autre commence à Auneuil, et se perd dans les fontaines de Panthemont. La ferme de Frocourt est une espèce de château fort, construit par François Ier. Les armes du grand pavillon portoient trois fleurs de lis et deux salamandres. On voit dans les murs intérieurs d’un vieux bâtiment qui sert de grange (aile gauche de la maison) un buste de femme, qu’on présume être le portrait de la maîtresse de François Ier, pour laquelle il fit bâtir ce château.

C’est à Autheuil que naquit Yves de Chartres, évèque de Beauvais.

Note de l’échojovacien; Notons sur ce récit qu’il existait le canton d’ONS en BRAY supprimé par la suite entre celui d’Auneuil et du Coudray st Germer. Les cantons d’Auneuil et Ons en Bray comptait 20 communes a eux deux.