Le cidre dans l’Oise

Au XIXème siècle, avant l’arrivée du chemin de fer, le département de l’Oise était essentiellement agricole. Le cidre était une boisson courante, fabriquée dans bon nombre de fermes. Il suppléait ainsi à l’insuffisance du vin, produit par des vignes de médiocre qualité. Au XVIème siècle, la culture du pommier était venue de la Normandie toute proche, ce qui explique que l’on trouvait la plus grande quantité de pommiers à l’ouest du département et en particulier dans le pays de Bray. La multiplication des pommiers semble avoir suivi la destruction des vignes. Les pommiers étaient plantés au bord des routes ou en quinconce à travers champs. En 1830, les meilleurs cidres étaient ceux du canton de Songeons, Formerie et Grandvilliers. La race de pommiers les plus répandues sont désignées sous les noms de d’Hardivilliers, pomme du déluge, brutin, fenouillet, cave, barbari, frayé, glane, crapaud, glaine d’oignon…L’orgueil et la ruelle étaient les variétés les meilleures.
On mêlait parfois les poires dans la fabrication du cidre. Bien qu’inégale en fonction de années, la production de l’Oise suffit à la consommation intérieure. Il était courant à Chambly que des pommes soient achetées à Auneuil ou Valdampierre, Jouy-sous-Thelle ou Villotran à cause de leur abondance. Les pommes d’Ully-saint-Georges alimentent Creil ou Senlis.

Durant la révolution industrielle, les échanges commerciaux se développent avec l’arrivée du train. Les vins du sud de la France vont s’implanter dans la région. A partir de années 1880, la production du cidre va commencer à diminuer dans l’Oise et toute la Picardie. Malgré tout, attachés à cette boisson traditionnelle, les Picards continuèrent à fabriquer leur cidre en quantités importantes.

C’est après la seconde guerre mondiale que la culture intensive pourra les agriculteurs à l’arrachage des pommiers. De nos jours, la récolte des pommes se pratique encore dans le Pays de Bray où la production de cidre se fait industriellement, pour ce qui est de la quantité, mais toujours avec des méthodes traditionnelles, en ce qui concerne la qualité.

Le cidre, une tradition

La région Picarde et le département de l’Oise ont une histoire riche en événements et en symboles. Dans une France qui se tourne de plus en plus vers l’Europe, les habitants mettent de plus en plus en valeur les traditions locales et les produits du terroir. Le cidre en est un exemple important. La production de cidre en France a chuté très fortement après la seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 1980.

Là, grâce au travail et à la volonté des producteurs locaux, cette boisson a gagné ses lettres de noblesse. La crise économique a favorisé le retour du cidre. Son prix très abordable par apport aux vins pétillants et au Champagne en ont fait une boisson que l’on consomme lors des fêtes familiales ou le dimanche entre amis.

Le choix de variétés de pommes de qualité, la mise aux normes des installations, l’organisation des circuits de distribution et de promotion ont permis une augmentation importante de production et de vente du cidre.

Aujourd’hui il reste encore des pommiers à Jouy sous Thelle qui ont été replantés il y a une vingtaine d’années et qui commencent à avoir une production assez intéressante et d’un gout dignes des meilleurs crus.

Source principale: Chambly.fr