CI GIT

LE CORPS DE

Louis-Isidore

BOUCHE

Curé de Jouy-sous-Thelle de 1853 à 1888.

Regretté des pauvres.

Voici ce que l’on peut encore lire sur une des tombes à l’entrée du cimetière depuis plus de 120 ans mais pour combien de temps encore? Voici que la bêtise de notre 1er magistrat actuel l’atteint lui aussi! L’illustre homme qui aurait tant aimé pouvoir se reposer en paix pour l’éternité, lui qui c’est dévoué en son temps pour le bien des habitants de Jouy-sous-thelle, lui qui fut regretté de tous à sa disparition, lui qui a tant fait pour Jouy et qui a laissé une œuvre posthume sur l’histoire de notre village. Sa mémoire reste par ce manuscrit et ses actes attachés à notre commune et son histoire dont il fait désormais parti intégrante, le devoir de mémoire de Jouy-sous-Thelle est de respecter sa dernière demeure que l’on veut lui reprendre aujourd’hui. Avec lui, bon nombre des tombes ont ainsi été gratifiés d’un petit panneau… ainsi on trouve bon nombre des familles anciennes de Jouy ainsi qu’un ancien Maire du village… Les restes de l’ancien cimetière qui furent rassemblés dans une sépulture après sa suppression autour de l’église au 19e siècle sont aussi concernés!!! Honte à celui ou ceux qui veulent ne pas laisser reposer en paix les défunts… honte à ceux qui ne respectent pas leurs mémoires !!!

 IN TERRA OBLIVIONIS : Dans la terre de l’oubli.

Voici pour la mémoire collective des extraits de la notice historique de Jouy-sous-thelle concernant l’Abbé Bouché.

 JOUY SOUS THELLE

 ___________

AVANT-PROPOS

La monographie que nous publions est, en majeur partir, l’œuvre posthume d’un digne prêtre, M. l’abbé Bouche, qui exerça le ministère pastoral à Jouy-sous-Thelle durant trente cinq ans (1853-1888). Il a laissé après sa mort un cahier de notes, fruit de ses patientes recherches sur la chère paroisse confiée à son zèle: La seigneurie et les châtelains, l’église, les édifices communaux, la chapelle du pèlerinage appelée la chair à Loup, les curés et vicaires depuis 1534, les maires depuis 1789, les clercs-laïques et instituteurs depuis 1602.

On le voit, il y a là matière à plusieurs chapitres qui nous ont paru fort intéressants pour l’histoire de cette localité et il n’était guère possible d’y mettre plus de suite ou d’ensemble.

Nous avons cru utile de confier à l’impression ce travail d’un vénérer confrère, en le complétant à l’aide de nos découvertes personnelles. La tâche était assez facile aussi bien sera-t-il fort agréable de fournir aux habitants de jouy, quand ils liront ces pages, l’occasion de rendre à la mémoire du pieux pasteur qui les a écrites (en 1861)  un hommage très mérité.

L’intention du modeste curé n’était certes pas de livrer son manuscrit à la publicité; mais du moins ses anciens paroissiens lui sauront gré d’avoir étudier avec ardeur et amour sincère de la vérité le passé de leur pays natal, pour lequel tous éprouvent un attrait indéfinissable. Ils lui seront vivement reconnaissant d’avoir ainsi conservé pour eux de précieux souvenirs recueillis dans un registre que le fidèle exécuteur de ses dernières volontés a tenu à notre disposition avec une obligeance parfaite. Nous lui offrons ici tous nos remerciements de nous avoir mis à m^me d’entendre parler encore, après son trépas, le bon regretté M. Bouché: defunctuc adhuc loquitur

Une page nécrologique sur le principal auteur de cette Notice consciencieuse y trouvera sa place, avec le compte-rendu de ses obsèques. C’est au cimetière de Jouy qu’il Git, “mort et enterré”; or, jamais, pensons-nous, le cœur des siens ne sera comme une froide terre d’ingratitude et d’oubli: in terra oblivionis. Puisse au contraire, sa mémoire demeurer éternellement bénie dans la paroisse dont il a résumé cette histoire qui lui survivre, quoi-qu’il ait toujours voulu la laisser inédite de son vivant!

********************************

 1853-1888. Louis-Isidore Bouché, naquit le 11 janvier 1815, à Puiseux en Bray, canton du Coudray saint Germer, de François-Xavier Bouché et Marie-Julie Lelièvre. Il quitta bien jeune ses honorables parents pour faire des études au petit-séminaire de Saint Germer de fly et les terminer au vieux séminaire de Beauvais, établi alors rue Sainte Marguerite, sur l’emplacement de l’évêché actuel. Après quelques années de professorat à Saint Germer et à la maison de Goincourt que dirigeait M. l’abbé Marthe, il reçut, le 25 mai 1839, la prêtrise des mains de Mgr Cottret qui le nomma vicaire à Noyon. Il y resta onze ans et fut premier vicaire depuis1846 jusqu’a 1850. c’est là qu’il fit ses premières armes, à l’ombre de l’antique cathédrale, au sein de cette cité noyonnaise dont il conquit bien vite le sympatries par l’affabilité de ses manières et le charité prudente de son zèle. Il y fut bien vite apprécier comme prédicateur et comme directeur des conscience il conserva la plus douce mémoire de son séjour dans cette ville.

“M. l’abbé Bouché, dit un journal du département, y éprouva une grave maladie qui le fit souffrir toute sa vie avec diverses complications, et l’avait rendu d’une maigreur extrême. Il n’avait en mourant que 73 ans, mais son apparence était depuis longtemps déjà celle d’un centenaire, qui rappelait assez exactement celle du légendaire curé d’ars.

“Pour se reposer et se rapprocher de sa famille, il obtint d’abord, en 1850, le poste de Senantes, ou il a laissé et dont il a gardé lui-même d’excellents souvenirs qu’il aimait à rappeler. Ensuite il fut nommé, le 2 décembre 1853, desservant Jouy-sous-Thelle, avec les binages qui ont varié suivant les besoins, mais dont le service était alors très fatigant. C’est là qu’il ferma pieusement les yeux de son pére et mère dont il était le fils unique. C’est là qu’il s’est le plus fatigué au lieu de se reposer.

” Cependant il pouvait encore continuer à vivre avec ses infirmités et à exercé son saint ministère comme par le passé, avec l’aide d’un jeune prêtre de son voisinage, quand la roue d’une voiture dans laquelle il s’apprêtait à monter avec ses confrères, lui passa plusieurs fois sur une jambe, en meurtrissant les parties molles, sans fracturer les os ( cet accident est arrivé à Fresnaux Montchevreuil). Deux autres contusions de la tête et d’un coude furent bientôt guéries, comme l’avait été jadis celle d’un pied, quand il tomba subitement dans un puits de sept mètres ou il passa plusieurs heures avant de pouvoir se faire entendre. Mais alors son état général ne s’était pas altéré par le maladies organiques qui le minaient et le privaient de tout repos prolongés.

” Ce sont ses circonstances aggravantes qui ont empêcher la guérison et occasionné sa mort le 25 octobre 1888.

“Cet événement si rapide désole à juste titre deux paroisse ( Jouy et Hardivillers) auxquelles M. l’abbé Bouché se prodiguait depuis si longtemps, et au-delà, dans le canton d’Auneuil ou quatre desservants sur quatorze viennent de décéder en un peu plus d’une année. Aussi, en tête du nombreux cortège funèbre voyait-on figurer tous les confrères survivants, avec un nombre égale de prêtres voisins dont plusieurs sont originaires de Jouy, reconnaissants des services que leur avait rendu le défunt.

“L’office auquel assistait un fort détachement des pompiers de la commun, fut magnifiquement chanté par le chœur des prêtres et surtout par ceux qui exécutèrent , avec l’habile accompagnement de M. Dupetit-Rieux sur l’orge, différant morceaux de Lhermann, très harmonieux et très émouvants.

“Après la messe M. le doyen d’Auneuil, qui venait de la célébrer et de faire l’absoute, eut la bonne pensée de suppléer au panégyrique, que les règlements ecclésiastiques n’autorisaient pas dans les églises, par une courtes allocutions bien menée, bien sentie, et exprimant d’une manière très touchante les sentiments de tout l’auditoire à l’égard du défunt dont l’éloge et les regrets étaient sur toutes les lèvres et dans les cœurs, en terminant par la ferme espérance que sa belle âme devait déjà jouir du bonheur éternel.

“Sur la tombe, ou aucun discours ne fut prononcer, apparemment par une interprétation trop rigoureuse de la prohibition épiscopale, un enfant de neuf ans exprima seul, et avec beaucoup d’assurance, les pieuses pensées que son maitre habile lui avait tracées et qui rendaient en termes parfaitement choisit et avec une extrême délicatesse, les sentiments de reconnaissance et de regrets d’une population dont deux générations avaient reçu du cher défunt les premiers sacrements.

” Après ce trop court hommage rendu à une existence si bien remplie et si méritante, la foule s’écoulait avec le même recueillement qui avait présidé à toute le funèbre cérémonie. Son morne silence pouvait se traduire par ce poème de Jocelyn;

   En vain l’on ferma la couche ou le voilà,

   Car notre bon pasteur maintenant n’est plus là…

   Il est ou ses verlus ont allumé leur flamme!

   il est ou ses soupirs ont devancé son âmes!

” Mais la mémoire du vénérable cure de Jouy sera perpétuée dans sa chère paroisse par les diverses libéralités que lui permettait sa fortune patrimonial, sans faire de tort à ses héritiers déjà plus ou moins fortunés.”

” Une œuvre d’un autre genre lui doit aussi survivre, quoiqu’il n’ait jamais voulu la faire paraitre, l’humilité, qui faisait le fond de son caractère, est la seule excuse. C’est l’histoire de Jouy-sous-Thelle que nous publions maintenant sans indiscrétion, bien que cet opuscule copié ou résumé par un confrère ami, lui eut prêté à la condition qu’il resterait inédit du vivant de l’auteur.

 Après l’article nécrologique et biographique ci dessus, il nous reste, pour achever le portrait de M. l’abbé Bouché, à reproduire une partie de la notice envoyé au bulletin religieux du diocèse par un prêtre originaire de Jouy, M l’abbé Laire, curé d’Allonne.

 ” D’une nature délicate, dit il; M. Bouché, portait dans un corps frêle et débile une âme énergique et douce à la fois. Sous des dehors austères, il cachait un cœur plein de charité. De relations aimables et prudentes, il sut conquérir l’estime de tout ceux qui l’entourèrent et forcer les égards de ceux mêmes qui prensent que la religion a fait son temps. Doué d’un rare bon sens et d’une grande maturité de jugement, il était de ceux qui croient qu’il ne faut rien précipiter, surtout dans le commerce si épineux avec les puissances de ce monde et il sut prévenir ou aplanir plus d’une difficulté en se laissant guider par cet esprit de mesure et de pondération qui fut le trait dominant de son caractère. Plus d’une fois même, en face de certaines entreprises, il tint à garder envers leurs auteurs un silence qu’il jugeait plus digne et plus habile que les plus justes récriminations.

” Ce fut un saint prêtre dans toute l’acceptation du mot. Il s’était tellement pénétré, pendant le noviciat du séminaire, de cet axiome de la profession sacerdotale: qui regulœ vivit deo vivit, qu’il en a comme imprégné sa vie entière. Aussi, resta-t-elle constamment un modèle de régularité et de piété. Ne déposaient-ils pas sur sa tombe l’éloge le plus enviable, ces paroissiens qui se disaient être sûrs de la rencontrer tous les jours au pied de l’autel, à huit heures pour sa messe et à quatre heures pour sa visite au Saint sacrement? Cette ponctualité rigoureuse de sa régularité, il l’apportait en tous les détails du ministère. Son zèle était grand à l’égard des malades, et même aux jours où sa santé ébranlée réclamait quelque ménagement, on le voyait passer, humblement et priant, à travers les rues du village, allant jusqu’à trois fois par jour visiter les moribonds et les préparer au terrible passage, prouvant ainsi que chez certaines natures, l’âme reste toujours maîtresse du corps qu’elle anime.

“les pauvres perdent en lui un bienfaiteur dévoués et discret et, par une clause de son testament, il a su leur prolonger le même intérêt , jusque par delà la mort.

“C’est ainsi qu’il a passé, semant le bien à chacun de ses pas, essayant d’envelopper ses bonnes œuvres, comme sa personne d’un voile d’oubli, et sachant que le bien ne fait pas de bruit.

” Il n’est pas étonnant que ses confrères l’aient eu en grande affection, en particulière vénération, et qu’autour de M. le doyen d’Auneuil se soient groupés tous les curés du canton et quelque autre encore pour accompagner sa dépouille mortelle au lieu de repos. Espérons, comme le disait un enfant sur sa tombe, que Dieu l’aura accueilli avec le sourire du juge qui récompense et couronne les bons prêtres.”

 

Extraits de la notice Historique de JOUY SOUS THELLE (1890)